GLP-1, GIP et glucagon : les trois hormones derrière les agonistes étudiés en recherche
Ce que sont les incrétines, ce que fait le glucagon, et pourquoi la recherche s'intéresse aux molécules qui activent un, deux ou trois de ces récepteurs.

Sommaire
Les noms GLP-1, GIP et glucagon reviennent dans de nombreuses publications récentes sur le métabolisme. Ce sont trois hormones peptidiques produites naturellement par l'organisme, et chacune agit sur son propre récepteur. Comprendre leur rôle aide à lire la littérature sur les molécules dites mono-, double- ou triple-agonistes.
Les incrétines : GLP-1 et GIP
Le terme incrétine désigne des hormones sécrétées par l'intestin après un repas, qui amplifient la libération d'insuline par le pancréas en fonction du glucose présent.
- GLP-1 (*glucagon-like peptide-1*) est produit par les cellules L de l'intestin. Il agit sur le récepteur GLP-1R, présent notamment dans le pancréas, l'estomac et certaines régions du cerveau.
- GIP (*glucose-dependent insulinotropic polypeptide*) est produit par les cellules K du duodénum. Il agit sur le récepteur GIPR, présent dans le pancréas mais aussi dans le tissu adipeux.
Ces deux hormones ont une durée de vie très courte dans l'organisme : elles sont rapidement dégradées par une enzyme, la DPP-4.
Le glucagon : l'hormone de l'autre sens
Le glucagon est produit par les cellules alpha du pancréas. Il agit sur le récepteur GCGR, très présent dans le foie, et son rôle classique est inverse de celui de l'insuline : mobiliser les réserves énergétiques. La littérature lui attribue aussi des effets sur la dépense énergétique, ce qui explique l'intérêt de la recherche pour ce récepteur.
Des analogues plus stables
Les hormones naturelles disparaissent en quelques minutes. Pour les étudier ou s'en inspirer, la chimie des peptides a développé des analogues modifiés : substitutions d'acides aminés, ajout d'une chaîne lipidique pour se lier à l'albumine, etc. Ces modifications prolongent leur durée d'action et permettent de cibler un ou plusieurs récepteurs.
Simple, double ou triple agoniste
- Mono-agoniste : la molécule active un seul récepteur (par exemple GLP-1R).
- Double agoniste : elle active deux récepteurs (GLP-1R et GIPR, par exemple).
- Triple agoniste : elle active GLP-1R, GIPR et GCGR. C'est la famille du RT-3, dont la littérature est résumée dans notre article RT-3 : synthèse de la littérature.
L'idée explorée par la recherche est de combiner des mécanismes complémentaires. L'équilibre entre les trois activités, propre à chaque molécule, est l'un des sujets les plus étudiés.
Et l'amyline ?
Une autre hormone pancréatique, l'amyline, fait l'objet de travaux parallèles avec ses propres analogues, comme le cagrilintide (voir Cagrilintide et amyline).
À retenir
GLP-1, GIP et glucagon sont trois hormones distinctes, avec trois récepteurs distincts. Les molécules étudiées en recherche se définissent par les récepteurs qu'elles activent et par l'équilibre entre ces activités. Les résultats publiés concernent des conditions d'étude précises et ne se transposent pas à d'autres usages.
Pour aller plus loin
Usage recherche uniquement (RUO). Cet article de vulgarisation résume des connaissances scientifiques publiées. Il ne constitue ni une recommandation d'usage chez l'humain ou l'animal, ni une allégation thérapeutique.


